Dans ma tête, une liste infinie.
La charge mentale* désigne le fait de penser en permanence à tout ce qu’il faut faire, organiser, anticiper ou gérer, souvent pour le bon fonctionnement du foyer, de la famille ou du travail. Cette surcharge invisible occupe beaucoup de place dans la tête, elle donne la sensations de ne pas s’en sortir, elle est épuisante et génère beaucoup de stress.
Pour faire simple, c’est le fait d’avoir “le cerveau toujours allumé” pour penser à :
- ce qu’il manque à la maison,
- ce qu’il faut prévoir,
- les rendez-vous à prendre, ceux à ne pas oublier,
- la gestion du planning de chacun,
- et toutes les petites tâches qui s’ajoutent les unes aux autres.
Tant que la tache n’a pas été accomplie, elle reste dans la tête et occupe toute la place.
Cette liste des « à faire », ce sentiment de faire double ou triple journée provoque stress, fatigue mentale, sensation de ne jamais avoir de pause, irritabilité ou épuisement.
La charge mentale est très présente dans la vie personnelle et de couple, surtout dans la gestion du quotidien, mais aussi au travail (anticiper, organiser, coordonner sans arrêt).
Qui est impacté ?
La charge mentale est un phénomène qui, en théorie, peut toucher tout le monde. Cependant, les études sociologiques montrent qu’elle n’est pas répartie de manière équitable.
Voici un tour d’horizon de ceux qui portent ce poids au quotidien :
- Les femmes sont en première ligne.
C’est le groupe le plus documenté. Même dans les couples où les tâches physiques (ménage, cuisine) sont partagées, la planification et l’anticipation reposent encore majoritairement sur les femmes.
L’arrivée d’un enfant augmente cette charge mentale car elle multiplie les décisions quotidiennes.
Dans les familles monoparentales, elle est absolue pour le parent solo puisqu’il n’y a personne avec qui « décharger » ou valider une décision.
La charge mentale n’est pas une question de « capacité » (les femmes ne sont pas naturellement « meilleures » pour s’organiser), mais le résultat d’une construction sociale et d’une habitude de gestion.
- Les salariés dans le monde du travail.
On en parle moins, mais la charge mentale professionnelle est réelle :
L’hyper-connexion : Recevoir des e-mails ou des messages en soirée empêche le cerveau de « fermer les onglets » ouverts.
Le multitasking : Devoir passer d’une tâche à l’autre sans jamais pouvoir se concentrer pleinement sur une seule.
- Les aidants
Les personnes qui s’occupent d’un proche âgé, malade ou en situation de handicap subissent une charge mentale colossale. Il faut jongler entre les soins, les papiers administratifs, les rendez-vous médicaux et sa propre vie personnelle.
Pourquoi est-ce un problème ?
Contrairement à la fatigue physique, la charge mentale ne s’arrête jamais vraiment. Si elle n’est pas identifiée, elle peut mener à l’épuisement émotionnel et physique, des tensions dans le couple au sein de la famille ou au travail, mais aussi à des troubles du sommeil et de la concentration.
Comme la charge mentale génère du stress et de la fatigue, la santé s’en trouve impactée.
Comment alléger sa charge mentale ?
Prendre soin de soi face à la charge mentale peut passer par :
– se donner le droit de déléguer,
– simplifier certaines routines,
– noter ce que l’on a en tête pour apaiser le mental,
– partager plus ouvertement ses besoins,
– s’accorder des pauses réelles, même courtes … des pauses bien être avec l’onde bleue !
* Nicole BRAIS chercheuse à l’ université Laval à Québec a théorisé la notion de charge mentale définie comme «un travail de gestion, d’organisation et de planification, qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectif la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence.»

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